15.8.14

Schéma logistique du kérosène à l'aéroport de Dakar

aéroport de Dakar

A l’aéroport international Léopold Sédar Senghor de Dakar, la société qui assure le ravitaillement des avions en carburant dispose d'un dépôt d'une sécurité digne d'une base militaire américaine.

Au détour d’une visite guidée en compagnie du responsable de la sécurité, j’ai pu étudier tout le circuit logistique du kérosène, de la réception au ravitaillement, en passant par le stockage dans les cuves. C’est ce que je vous propose de découvrir.

Pour rappel, que c'est le géologue canadien Abraham Gesner qui est considéré comme le premier à obtenir le kérosène à partir du charbon. Par suite, le produit a été dérivé du pétrole et reste aujourd’hui le principal carburant en aéronautique.  A rappeler également qu'il existe plusieurs types de kérosène que sont le Jet A, le Jet A1 (qui est plus répandue), le Jet B...

Réception du kérosène à l’aéroport

Tout commence avec l’arrivée des camions dans le dépôt. Après les vérifications des documents de transport, ces citernes de 40 000 litres de kérosène sont acheminés dans la zone de déchargement.

Le dépôt peut réceptionner jusqu'à plus 20 citernes de kérosène par jour. Avant toute opération de dépotage, l’opérateur est tenu de vérifier la qualité carburant et prendre quelques précautions de sécurité.

Principale consigne : relier le fil de masse au camion afin d’éliminer l’électricité statique. Le responsable de la sécurité explique : « Lorsque le camion arrive, il emmagasine de l’électricité statique sur les parois. Il faut alors brancher le fil de masse pour l’évacuer. Sinon, il se produit des étincelles qui peuvent faire exploser le camion. »



En effet, le kérosène est un liquide hautement inflammable. Au contact de l’air, il suffit d’une petite étincelle pour qu’un feu se déclenche.

Pour vérifier la qualité du combustible, la réceptionnaire prend un échantillon du liquide afin de déterminer sa densité à la température ambiante. Il s'assure également que le produit ne contient ni impureté, ni eau grâce à une sorte de pastille appelée Water Detect. Ce n’est qu’après ces vérifications que commence le dépotage. Les tuyaux sont raccordés aux citernes et le liquide est transféré dans d’énormes cuves.


Le Jet est stocké dans 2 réservoirs de plus de 1000 mètres cubes et 4 cuves au sous-sol. Mais le carburant n'y reste pas longtemps du fait de la forte demande des avions. Pour les commandes, la société dispose d'une équipe qui se charge de réaliser le planning des avions avec leurs numéros de vol, emplacements...

Ravitaillement des avions en kérosène

Le ravitaillement des aéronefs en kérosène se fait sur la piste de l’aéroport grâce à un petit oléoduc souterrain qui achemine le carburant. Mais il passe, auparavant, par une série de filtres qui l’apurent davantage.

Une fois sur le tarmac, c'est le camion avitailleur qui permet de raccorder l’oléoduc aux réservoirs de l’avion.


 Là également, les procédures de sécurité et de qualité sont de rigueur. L’électricité statique est annulée et la qualité du carburant vérifiée à nouveau.

L’opérateur doit veiller sur le débit et la pression du kérosène lors du remplissage des réservoirs de l’avion. En effet, si elle trop forte, il peut y avoir explosion.


La machinerie très précise utilisée, la nature du produit manipulé et le milieu dans lequel elle évolue (aéroport) font que la société ne badine pas avec les règles et procédures de sécurité. Les opérateurs sont tenus de les respecter à la lettre. La moindre négligence ou la moindre erreur peut être fatale. C'est dire dans la logistique des hydrocarbures, la sécurité et la qualité passent avant tout.



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