17.10.12

L’UEMOA face aux prélèvements illicites sur les axes routiers

Par Matar SEYDI
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Après la signature du traité instituant l’UEMOA en janvier 1994  à Dakar, les Etats membres se sont fixé un certain nombre d’objectifs. Parmi eux, nous retenons la création, entre les Etats membres, d’un marché commun basé sur la libre circulation des personnes, des biens, des services, des capitaux…
Près de deux décennies plus tard, force est de constater que l’objectif est loin d’être atteint. Non seulement l’Union accuse un retard considérable dans la réalisation d’infrastructures routières en quantité et en qualité, mais elle tarde à trouver la formule adéquate pour lutter contre les prélèvements illicites sur  principaux axes routiers de la sous région ouest africaine.

Sur ces corridors, les transporteurs font face, au quotidien, à d’énormes difficultés à cause des tracasseries et autres harcèlements de certains agents de la police, de la douane, de la gendarmerie avec leurs nombreux postes contrôles... En effet, ces derniers ne se limitent pas seulement à la mission qui leur est confiée, c'est-à-dire, assurer la sécurité des personnes et biens, les contrôles administratifs, la lutte contre le trafic de drogue… Ils usent et abusent de leur autorité pour  soutirer de l’argent aux camionneurs sans aucune base légale. 


Le 19èm  rapport de l’Observatoire des Pratiques Anormales (OPA) de l’UEMOA publié récemment nous informe que pas moins de 35 contrôles sont effectués sur un véhicule dans l’axe Dakar-Bamako pour un seul voyage. Toujours selon cette étude réalisée entre 1er Janvier et le 31 Mars 2012,  le montant des prélèvements illicites sur un camion par voyage sur ce même axe routier s’élève à  67 198 francs CFA


Sur les autres corridors, la situation est parfois pire : 

Abidjan - Bamako : 46 contrôles par voyage et  71 556 francs CFA prélevés. 

Abidjan - Ouagadougou : 33 contrôles et  41 603 francs CFA prélevés par voyage.

Ouagadougou - Lomé : 10 contrôles et  9 624 francs CFA prélevés. 

Ce rapport montre clairement que l’UEMOA fait face à une imparfaite intégration des marchés, des difficultés de circulation des personnes et des biens. 

Ces prélèvements sont parfois à l’origine de l’augmentation des prix des denrées de première nécessité. Il en résulte une faible compétitivité des économies de l’union, obstacle majeur à la réduction de la pauvreté.
Cependant, il est important de souligner que l’OPA est en train de mener une « guerre farouche » pour minimiser ces pratiques. C’est dans ce sens que des Etats ont mis en place des lignes téléphoniques (numéros verts) pour permettre aux conducteurs de dénoncer ces arnaqueurs.

Sénégal : Pour une plainte contre un agent de la police, composez le 17 ou le +221 33 842 28 74 ;  pour la douane, c’est  800 80 44 44 et la  gendarmerie  le 800 00 20 20

Bénin : Pour une plainte contre un agent de la douane, composez le +229 81 00 00 01 ou +229 81 00 00 02

Côte-D’ivoire : Pour contacter l’unité de lutte contre le racket et rapporter une plainte contre tout agent des forces de l’ordre faites le +225 22 44 62 10  ou +225 01 72 36 72

Burkina-Faso : Pour une plainte contre un agent de la police 10 10

Togo : Pour une plainte contre un agent de la police ou de la gendarmerie +228 90 05 25 67 

Reste à espérer que les camionneurs vont collaborer afin de réduire les tracasseries routières et contraindre à la retenue ces hommes de tenue. 

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