17.2.13

3 portuaires dans le Top 100 des grandes entreprises du Sénégal

  
DP world Dakar
Le classement des 100 entreprises du Sénégal qui réalisent les plus gros chiffres d’affaire a été publié dans le magazine REUSSIR  de ce mois. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les sociétés évoluant dans le secteur portuaire n’y sont pas bien représentées. En effet, seuls DP World Dakar et son ‘‘frère ennemi’’, le Groupe Bolloré, figurent sur la liste, respectivement à la 22e et 50e place en plus du Port Autonome de Dakar (PAD) classé 22e. Difficile d’admettre que les filiales sénégalaises des grands groupes comme MAERSK (premier armateur mondial), CMA-CGM (3e mondial), GRIMALDI ou encore MSC ne fassent pas partie du Top 100. Pourtant, à y regarder de plus près, cela peut s’expliquer, au moins, par deux états de fait :

Faiblesse des exportations des entreprises sénégalaises



C’est connu, le Sénégal n’exporte que très peu de produits. En 2010 par exemple, les marchandises débarquées au port de Dakar représentent 80% du tonnage global contre 20% seulement pour les embarquements.

                                                       

 Dans ces conditions, les compagnies maritimes ne peuvent pas réaliser des chiffres d’affaire importants parce que n’ayant pas beaucoup de marchandises à embarquer à Dakar. Un logisticien qui a séjourné à DP World me confie qu’il leur arrive de débarquer près de 600 conteneurs au port et n’en embarquer qu’une vingtaine.

Optimisation des coûts logistiques

De plus en plus, les entreprises cherchent à améliorer leurs performances en optimisant les coûts tout au long de la chaîne logistique. La norme française veut que les 33% du coût de revient d'un produit reviennent au fabricant et seulement 7 à 11% pour la logistique qui englobe le transport et les opérations connexes du lieu de fabrication jusqu'au commerçant. Toutes choses étant égales par ailleurs, il est donc compréhensible que les sociétés de transport ou de manutention réalisent des chiffres d’affaire inférieurs à ceux des entreprises de production ou de commerce.Néanmoins, nos trois portuaires affichent des chiffres intéressants :

   DP World Dakar : 45,7 milliards de francs CFA 
La filiale de la compagnie dubaïote, concessionnaire du terminal à conteneurs reste le leader du secteur avec un chiffre d’affaire qui dépasse de très loin celui de ses concurrents. Il faut dire que l’entreprise se fait une fortune avec la manutention des conteneurs. En effet, le trafic conteneurisé peut être estimé à 300 000 EVP par an, compte non tenu des conteneurs vides. L’examen des tarifs de DP World montre que la manutention d’un conteneur 20 pieds est facturée au moins à 150 000 francs CFA en moyenne. Une rapide multiplication 150 000 X 300 000 donne un montant de 45 milliards de francs CFA.  A noter que le bénéfice de l’entreprise tourne autour de 11 milliards.

Port Autonome de Dakar : 29 milliards




Le port tire ses ressources essentiellement des coûts de passage des navires et marchandises, la location de magasins et aires de dédouanement ainsi que les redevances de certaines entreprises comme les Industries chimiques du Sénégal (ICS) qui possèdent leurs propres installations dans l’enceinte portuaire. Ce qui est un peu surprenant c’est que le port réalise un bénéfice de plus 24 milliards. Ce qui dénote une très (trop ?) grande marge bénéficiaire sur ses prestations. Pour plus de compétitivité, il gagnerait à revoir ses coûts et les diminuer pour attirer davantage les armateurs.

Bolloré Africa Logistics Sénégal : 24 milliards
Il a, certes, perdu le terminal à conteneurs et, par ricochet, sa position de leadership depuis bientôt 5 ans. Il n’empêche, le groupe français continue de peser lourd grâce à la diversité de  ses activités que sont, entre autres, le transport de colis lourds, le transit, les services express, la location de véhicules de tourisme… Il devrait revenir au port les années à venir avec le projet de construction d’un 2e terminal à conteneurs au Môle 3 (rebaptisé Môle Cheikh Hamallah, du nom d’un grand guide de la Tidjaniya) qu’il devra co-gérer avec d’autres opérateurs. Comme quoi, DP World aura bientôt des soucis à se faire.



Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire