24.5.13

Manutention du clinker au port de Dakar


au port de Dakar
Si vous n’êtes pas chimiste ou un proche des industries du ciment, il est probable que le mot clinker ne figure pas dans votre dictionnaire mental. Oui, le clinker c’est, en fait, un produit chimique, relativement dangereux qui est le principal composant du ciment que vous connaissez puisque largement utilisé dans les BTP. 

C’est un mélange de calcaire (Ca) et de sels spéciaux comme les silicates, les aluminates de calcium, cuit à près de 1500°C. Il contient également des traces de métaux comme le chrome. Bref, ‘‘Oncle Google’’ pourra vous en dire un peu plus si vous le souhaitez. 

Moi, j’aimerais plutôt  vous expliquer, un peu, comment cette poudre de fins granules est déchargée au port. Un spectacle où dockers, engins et poussière se disputent le décor dans des conditions de sécurité qui font parfois grincer des dents. 

Le clinker arrive donc au port dans des navires appelés vraquiers. Le produit se trouve dans les cales très souvent en vrac et juste quelquefois emballé en sac. 


arrivée du clicker dans le vraquier

Du fait de sa nature pondéreuse, encombrante et dangereuse, le produit est aussitôt déchargé et évacué grâce à une autorisation provisoire d’enlèvement de la Douane. C’est une procédure particulière permettant de dédouaner la marchandise avant même son arrivée. Ceci pour éviter qu’il reste longtemps sur quai. 

Le déchargement est essentiellement mécanique. Il s’effectue avec les grues fixes du navire au bout desquelles sont accrochées des sortes de gros bacs métalliques appelés ‘‘crapauds’’.

déchargement du clinker par grue

Le clinker est d’abord déversé dans des ensacheuses sous lesquels sont stationnés les camions qui sont chargés par la suite. Ces derniers sont ensuite recouverts de bâches de protection, conformément à la réglementation, pour le transport routier.

remplissage du camion de clinker

Jusque là, pas grand-chose à critiquer sur la manutention. Sauf, peut-être, la vétusté du matériel utilisé et cette technique de déchargement à l’ancienne, moyenâgeuse. De nos jours, dans les grands ports modernes, ce sont des convoyeurs munis d’aspirateurs et de tapis roulant qui assurent l’essentiel du travail. Mais bref, nous sommes quand même au Sénégal.

Le véritable problème c’est plutôt la sécurité qui est trop souvent négligée. Il est triste de constater que jusqu’à présent, il y a une absence quasi-totale de procédures de sécurité dans les entreprises qui travaillent sur les matières dangereuses. Sauf, bien entendu, quelques grandes multinationales du secteur.

Ici, par exemple, on constate que les dockers qui s’affairent autour de la bâche étalée sur le périmètre du navire (pour éviter les pertes) ne sont pas protégés, ni par des gants, encore moins par des masques. Juste un cache-nez, un rien ridicule, que le plupart des ouvriers ne porte pas d’ailleurs. Le plus souvent il n’y en a même pas assez pour  tout le monde. Idem pour les casques.

les dockers autour du navire

Or, le principal risque pour les salariés avec la manutention du clinker est l’irritation des yeux, des voies respiratoires et de la peau. Des maladies comme le bronchite ou les conjonctivites peuvent survenir à long terme. Et comme les importations de clinker ne sont pas prêtes de s’arrêter, il faut des dispositions rigoureuses pour protéger les travailleurs sur le terrain.
En plus de réduire l’empoussièrement des lieux, certainement par une technique de manutention plus efficace, il est indispensable de doter le personnel d’équipements de protection adéquats. Des gants et autres crèmes barrières, des masques, des vrais, qui protègent aussi bien les yeux que les fosses nasales et des casques. Sans oublier un garde fou déployé sur le terrain pour veiller avec rigueur et vigueur au respect des procédures de sécurité. 

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