19.8.13

Focus sur le transit au port de Dakar


transit Dakar : déchargement de riz au port
Près de 12 millions de tonnes de marchandises ont été manutentionnées au port de Dakar en 2012. Mais toutes ne sont évidemment pas destinées au Sénégal. Certaines sont débarquées pour quelques jours avant d’être rembarquées dans d’autres navires à destination d’autres pays. C’est le transbordement.  Par ailleurs, d’autres marchandises sont débarquées à Dakar  avant d’être acheminées par camion ou par train vers les pays de la sous-région. Dans ce cas, on parle de transit. Transit entrée plus précisément et  ‘‘transit sortie’’ si c’est dans le sens inverse. Dans les lignes qui suivent je vous parle du transit à Dakar quelques statistiques à l'appui.

Le transit à Dakar en quelques chiffres


Le transit à Dakar représente un peu plus de 14% du tonnage globale. Parmi les pays qui font transiter leurs importations par notre pays, il y a le Mali principalement mais également la Gambie, la Mauritanie, le Burkina Faso, etc. Pour avoir une idée de la contribution de ces pays sur le transit portuaire à Dakar, j’ai fait ce petit diagramme sur la base des chiffres avancés par le rapport 2012 des activités du port.
statistiques transit 2012 port de Dakar


Le résultat pouvait se passer de commentaires. Il est clair que le Mali est le principal arrière pays qui utilise notre port pour ses activités d’import-export.  C’est notre principal hinterland comme on dit dans le jargon. Il bouffe plus de 96% du trafic en transit.  Raison pour laquelle les 4/5 du Môle 3 leur sont réservés. Chaque jour, c’est quelque 300 camions qui quittent Dakar pour rallier Bamako. Parmi les produits importés par le Mali, on retrouve notamment le riz, le blé, l’engrais, les hydrocarbures…

 Les principaux produits exportés,  toujours via le port de Dakar (transit sortie),  sont les minerais de  cuivre, fer, plomb (plus de 200 milles tonnes en 2012) et le coton.


Toujours concernant le transit au port de Dakar, la contribution des autres pays par rapport au Mali reste ridiculement faible. La Mauritanie et la Gambie font l’effort de dépasser la barre des 1%. Mais les chiffres du Niger, du Burkina et des deux Guinées me rappellent le score de Djouma Dieng Diakhaté lors des dernières présidentielles sénégalaises : « 0 virgule quelque chose pour cent » comme disait l’autre.

Le Sénégal a donc tout intérêt à huiler ses relations commerciales avec le pays de IBK et  à  améliorer les conditions de transport sur l’axe Dakar-Bamako. Les principales plaintes et complaintes des transporteurs sont les nombreuses tracasseries douanières et policières tout au long du corridor et la dégradation du tronçon Fatick-Kaolack. La bonne nouvelle c’est sans doute la réhabilitation du chemin de fer entre la capitale sénégalaise et le Mali récemment annoncée par les deux pays.



A propos, pour ceux qui souhaitent investir dans le secteur du transport routier au Sénégal, l’axe Dakar – Bamako n’est pas encore suffisamment exploité à mon avis. Je n’ai pas fait d’étude là-dessus mais d’après les échos que je reçois,  si vous avez de bons camions et de bons chauffeurs,  le transport de marchandises à destination du Mali peut rapporter gros.  Vous pouvez également suivre cet interview d'un transitaire à Dakar qui nous explique son métier et les rouages de la profession au Sénégal. 
 

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