24.3.14

Axe Dakar-Bamako : Fini les surplus de carburant



camionneurs maliens à Dakar
Le gouvernement sénégalais élève le ton et le bâton sur les transporteurs du Mali et ceux du Sénégal pour interdire définitivement le transport de surplus de carburant par les gros porteurs. Il s’agit de la mise en place d’un accord permettant aux camionneurs de pouvoir s’approvisionner en carburant dans les deux pays sans difficultés et les interdire de transporter du carburant en réserve sur la trajet Dakar-Bamako.

Bien entendu, de lourdes sanctions sont prévues pour ceux qui s’amusent à transgresser cette nouvelle disposition entrée en vigueur depuis le début du mois de mars. Mais les maliens ont décidé de tenir tête aux autorités et menacent de bouder le port de Dakar, ce qui risque d'être un coup dur pour l'économie de notre pays.

Le ton 

Il s’agit donc d’une nouvelle mesure visant à renforcer la sécurité sur le corridor Dakar-Bamako, selon les autorités du Sénégal, en accord avec le gouvernement malien. Pour les chauffeurs de camion habitués à faire la navette entre les deux pays pour le transport de marchandises, il n’est plus permis de transporter du carburant en réserve, aussi bien dans les réservoirs du véhicule que dans des bouteilles et bidons d’essence. 
  
En ce qui concerne les réservoirs, les camions qui en comptent deux ne sont pas concernés par la mesure. Par contre, pour les autres gros  porteurs, il n’est pas permis que quelque chose soit mise dans le troisième réservoir. 

Cette mesure intervient seulement quelques semaines après les perturbations notés sur le tronçon. En effet, les autorités avait déjà donné le ton en début février quand 22 gros porteurs ont été arrêtés à la frontière par les gendarmes qui leur sommèrent de vider leurs surplus de carburant. 

La décision est motivée, selon les deux pays, par des raisons à la fois sécuritaires et économiques. Les services de sécurité du Sénégal ont découvert que les maliens s'adonnent à une vente illicite de carburant sur le corridor grâce à ces réserves, ce qui peut s'avérer dangereux dans un contexte où la menace terroriste est bien présente dans nos régions.

Le bâton 

Des sanctions sont prévues pour les transporteurs qui prennent plaisir à enfreindre la loi, comme ils le font fréquemment avec le règlement 14 de l’Uemoa. Il s’agit, entre autres, de la saisie des marchandises et l’arrestation du convoyeur.  Si, malgré tout, les fraudes continuent, le gouvernement n’hésitera pas mettre en place d’autres mesures et appliquer la loi avec rigueur et vigueur. C’est du moins l'assurance du ministre de l’intérieur sénégalais. Le ministre malien de la sécurité, quand à lui, assure qu’ils vont travailler à l’application des mesures prises par les deux pays. 

La menace 

Les transporteurs du Mali ne roulent pas à la même vitesse que les autorités des deux pays. Selon eux, cette décision a des soubassements purement économiques. Les autorités sénégalaises, disent-ils, veulent simplement leur contraire à acheter du carburant au Sénégal, qui coûte plus cher que dans leur pays. Ils menacent ainsi de boycotter le port de Dakar et faire transiter leurs marchandises par le port d'Abidjan ou de la Mauritanie.

Si cette menace est mise à exécution, le Sénégal risque de perdre gros. Car le Mali, c'est 80% de leurs marchandises qui transitent par Dakar avec plus 300 camions par jour. Ce qui représente près de 300 milliards par an. Reste à espérer un dénouement heureux à cette crise qui ne devrait pas exister entre ces deux pays frères qui partagent la même histoire.

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