30.7.14

Créer une entreprise de transit à Dakar : Entretien avec M. Diagne (Partie 2)

Belly Transit
Comme promis, voici la 2e partie et dernière partie de l’entretien avec le jeune transitaire Mouhamed Diagne, co-fondateur de la société Belly Transit avec deux de ses camarades de promotion de l’école des Douanes de Dakar. Il revient dans cette seconde partie de l’interview d’il y a quelques semaines sur les motifs de la création de leur entreprise de transit à Dakar, les procédures administratives et les difficultés auxquelles ils sont confrontés en tant que jeunes entrepreneurs dans ce milieu.


Qu’est-ce qui vous a motivé à créer votre société de transit à Dakar ?


Si nous avons décidé de monter notre propre boite de transit à Dakar, c’est surtout pour échapper au sous emploi et au chômage. Après plusieurs stages dans beaucoup de sociétés, nous nous sommes rendu compte que dans la plupart des entreprises de transit au Sénégal, les employés sont tout simplement surexploités. La charge de travail est énorme alors que la rémunération ne suit pas.

Certaines entreprises exigent 12 heures de travail quotidien à leur personnel au lieu de 8 heures conformément au code du travail. Les déclarants en douane embauchés qui gagnent plus de 90 000 francs CFA par mois se comptent sur les doigts de la main. Mais beaucoup de jeunes sont obligés
d’accepter ces difficiles conditions de travail par peur de se retrouver sans emploi.


Nous, nous avons décidé de contourner le problème en essayant de monter nos propres affaires. Nous en avons les compétences et sommes suffisamment motivés. Personnellement, j’ai été inspiré par le parcours d’un de mes maîtres de stage qui dirige aujourd’hui son entreprise de transit à Dakar. J’ai eu l’occasion de discuter avec lui à plusieurs reprises à ce sujet.

Et comment avez-vous fait ? Quelles sont les démarches qui ont abouties à la création de votre entreprise de transit à Dakar ?


Notre société, Belly Transit, est née des cendres d’un collectif dénommé ‘‘Collectif des auxiliaires du transport du Sénégal’’ que nous avions créé juste avant la fin de nos études à l’école des Douanes. L’idée était de nous regrouper en tant que jeunes auxiliaires du transport pour solliciter l’Etat dans la redéfinition de la politique d’insertion des jeunes diplômés du transport et de la logistique. Nous avons ensuite pensé à nous regrouper en GIE pour démarrer des activités.



 Mais, tout le monde n’avait pas la même vision. Finalement, avec deux de mes camarades, nous avons pris la décision de nous lancer dans la création de la société. Mais tout est venu progressivement. Nous avons d’abord suivi quelques cours en entrepreneuriat et nous avons eu la chance d’avoir un petit financement d'une banque de la place.


Pour les démarches administratives, je ne peux pas entrer dans les détails puisque c’est un autre collègue qui s’en occupait. Mais en gros, il faut avoir l’agrément délivré par le port de Dakar, s’inscrire au registre de commerce et avoir un NINEA pour créer l’entreprise de transit. Il faut
également une caution de 60 millions. Mais cette somme n’est pas dans notre budget pour le moment. C’est pourquoi nos activités sont surtout focalisées sur la sous-traitance avec d’autres sociétés.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontées dans votre aventure entrepreneuriale

Nos difficultés sont de plusieurs ordres. D’une part, nous n’avons pas assez de budget pour suffisamment investir dans le marketing afin d’attirer plus de clients. Une des raisons pour lesquelles nous nous concentrons plus sur les relations commerciales B2B pour le moment en faisant de la sous-traitance avec d’autres entreprises. D’autre part, nous faisons face à une sorte de concurrence déloyale entre maisons de transit à Dakar, ce qui est malheureusement une réalité au Sénégal.

D’abord, il y a les multinationales qui ne laissent pas beaucoup de chances aux entreprises locales, mais certaines sociétés de transit sénégalaises ont recours à des pratiques totalement illégales pour freiner leurs concurrents. Quelques fois aussi nous sommes victimes de notre jeunesse. Certains gros clients hésitent à nous confier leurs dossiers. Ils peuvent venir, négocier et tout, mais au moment de la concrétisation ils disparaissent. C’est peut être notre jeunesse qui les font fuir.


Une adresse pour vous contacter ?


bellytransit@gmail.com ou (+221) 77 787 10 44

4 commentaires :

  1. jajeuf interview riche plein de leçons!!!bon courage

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  2. jajeuf interview riche plein de leçons!!!bon courage

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  3. Malheureusement c est ça le problème dans le milieu des affaires

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  4. Diadieuf Monsieur DIAGNE.On était de la même promotion mais de classe différente.Bon courage vous irez de loin car vous avez toujours été très dévoué.

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