18.2.15

Les raisons de la reprise de la concession du chemin de fer Dakar-Bamako

La presse nous a appris, dernièrement, que les Etats sénégalais et malien ont décidé de reprendre la concession du chemin de fer Dakar- Bamako de Transrail et d’assurer eux-mêmes la réhabilitation du réseau. Ils sont en négociation avec l’ex concessionnaire qui est d’accord pour redonner aux Etats les investissements fixes.

Le Sénégal compte ainsi moderniser le chemin de fer grâce au financement des chinois qui s’élève à plusieurs millions de dollars et à remettre l’exploitation à des privées.

 Pour comprendre cette décision des Etats, il y a deux éléments à considérer :

Vétusté du chemin de fer Dakar-Bamako et manque d’investissement du concessionnaire



Le chemin de fer entre Dakar et la capitale malienne Bamako était exploité depuis plusieurs années par la société de chemin de fer Transrail avec son actionnaire majoritaire, le libanais de Abbass Jaber. Transrail avait en charge l’exploitation du réseau mais aussi sa réhabilitation, notamment en investissant pour le renforcement et la modernisation du matériel roulant. Mais le constat est que l’investissement n’a pas suivi. « Nous n’avons pas connu d’investissement majeur, aucune amélioration majeure notée, ni de renouvellement du parc de wagon » nous a expliqué un responsable de la société de chemin de fer.



L’Etat s’est rendu compte que le privé chercherait d’abord à rentabiliser l’existant. Par conséquent, il compte reprendre en main tout ce qui concerne le réseau en investissant dans son amélioration et laisser la partie commerciale à un opérateur privé.

La concurrence du port d’Abidjan sur le transit malien



Le transit des marchandises maliennes au Sénégal constitue un gain énorme pour l’économie du pays. Mais, depuis la réalisation du chemin de fer entre Abidjan et Niamey et qui sera sans doute prolongé jusqu’à Ouagadougou, les autorités du port de San Pedro de Côte d’Ivoire ne cessent d’essayer de convaincre les maliens qu’ils gagneraient plus à faire passer leurs marchandises chez eux plutôt que le port de Dakar. Or, la perte du transit malien par le Sénégal serait un énorme manque à gagner.


Le port de Dakar avait jusque là des avantages comparatifs sur le trafic de marchandises vers le Mali. Mais petit à petit, Abidjan est en train de prendre l’avantage à cause justement du réseau de chemin de fer défaillant au Sénégal. Aujourd’hui, l’Etat fait tout pour conserver sa place de leader sur ce terrain. Sauf que le temps presse.

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